Les aménagements durables lillois

Le 15 mai 2006, une délégation bruxelloise était en visite à Lille. L’occasion pour nous de découvrir les bonnes pratiques développées dans la métropole nordiste, plus spécifiquement par le biais du réaménagement de divers lieux.


Le dépôt de bus propres

Le site de la Pierette à Sequedin réunit le Centre de Valorisation Organique et un dépôt de bus au biogaz. Depuis 1999, Lille met en service des bus au gaz. Ils sont actuellement une centaine, alimentés par le gaz méthane provenant de la fermentation des boues des stations d’épuration. A terme, le dépôt de Sequedin accueillera 150 bus propres alimentés par le biogaz produit au centre en cours de construction et situé à un jet de pierre du dépôt.

Un bain de culture

La piscine municipale de Roubaix, exceptionnel bâtiment art-déco, accueille le Musée d’Art et d’industrie de la Ville. Construite entre 1927 et 1932 par l'architecte Albert Baert, elle apportait aux populations ouvrières un service sportif selon l’esprit hygiéniste en vogue à l’époque : « Un esprit sain dans un corps sain ». En 1985, la piscine est fermée pour des raisons de sécurité. Dès 1990, l’idée de transformer la piscine en lieu culturel est accepté par les autorités locales et la Direction des musées de France. Un jury international est institué et choisit le projet de reconversion du site imaginé par l'architecte Jean-Paul Philippon. Les travaux dureront trois ans de 1998 à 2001.

L’ancien accès à la piscine par une petite rue « arrière » a été abandonné. L’entrée du bâtiment est maintenant située au bout d’une place, bordée de nouveaux immeubles de logements, qui jouxte l’axe principal de la ville. Une ancienne façade d’usine de textile a été remodelée afin de permettre l’accès au musée. Dans le nouvel ensemble architectural, la piscine constitue bien évidemment le lieu phare de ce musée. Les éléments constitutifs du lieu ont également été conservés : les vestiaires, les salles de bain et les cabines de douche accueillent les collections de Beaux-arts consacrées aux 19 ème et 20 ème siècles. Et en plus, le succès de foule est au rendez-vous à tel point que certains considèrent le musée comme le symbole du renouveau de Roubaix. L’affectation ou la réaffectation des piscines communales revenant souvent dans les débats à Bruxelles…(Pour l’exemple, citons l’affectation des anciens bains de Forest en laboratoire artistique gérés par l’asbl Krul )

Pari culturel à Roubaix

Inauguré en 1902, le bâtiment à structure en béton de la Condition publique était utilisé pour le conditionnement de la laine et des soies. Il est recouvert de toits en terrasses et s’articule autour d’une longue rue couverte qui dessert les différents espaces. Jusqu’en 1998, des entreprises occupaient le bâtiment aujourd’hui transformé en lieu culturel « alternatif », un Recyclart roubaisien en quelque sorte, qui accueille expositions, concerts et artistes en résidence.

Un jardin qui s’est fait tout seul

Sur près de 2000m², la nature a créé son jardin sur les toits en terrasse de la Condition publique. La terre que l’on y trouve est celle qui s’est constituée, sans intervention humaine, au fil des ans. Elle est faite de poussières de ville, de feuilles mortes, de soleil et de pluie. Depuis 2001, une botaniste-plasticienne travaille sur la terrasse et opère un inventaire complet des végétaux. En 2003, lors de travaux d’étanchéité, la terre et les végétaux ont été déplacés et stockés dans près de 300 sacs. En 2004, la surface des terrasses a été quelque peu réduite lors de la remontée des terres. Ce jardin suspendu est composé de deux terrasses différentes : un jardin ouvert au public une fois par mois et un lieu d’observation et de conservation scientifique.

Un jardin métissé

Au cours des années 90, Lille comptait moins de 15m² de nature par habitant (La Région de Bruxelles-Capitale compte 2.779 ha d'espaces verts publics soit plus de 17% de la superficie régionale ou encore 29 m²/habitant (source : www.ibgebim.be)). Les collectivités ont donc signé une charte de mise en œuvre de Schéma directeur vert pour la réalisation d’une couronne verte. Le schéma directeur vert est le pendant lillois du maillage vert bruxellois. Il a pour objectif de réaliser une couronne verte réunissant de vastes espaces (dont le Parc de la Deûle), d’établir des axes de liaison écologique et de déplacement et de contribuer au retour de la nature en ville. A Santes, au sud-ouest de Lille, le parc de la Deûle, un des chaînons de ce schéma, va nécessiter la restauration de 600 hectares de nature plus ou moins dégradés au bord de la Deûle. La première phase concerne 350 ha situés entre Santes, Wavrin et Houplin Ancoisne. Le concours international pour remodeler cet espace naturel a été gagné par deux paysagistes : le Français Jacques Simon et le Belge Jean-Noël Cappart.

« Mosaïc – le jardin des cultures » est une des composantes du parc. Il a été réalisé à l’aide d’une démarche environnementale. Ce qui a permis la transformation d’un terrain au milieu écologique fortement dégradé en un parking paysager de 800 places et près de 12.000m². La méthode de travail utilisée pour l’aménagement du site portait sur l’emploi de matériaux adaptés à la fragilité du site et sur un aménagement paysager et esthétique donnant un aspect végétal au parking. La conduite du chantier avait pour ambition d’éviter les nuisances sonores aux riverains. La proximité d’une voie d’eau a permis le transport par péniche de 25.000T de matériaux.

Des écuries à cheval sur l’environnement

Un autre exemple de réhabilitation Haute Qualité Environnementale : les écuries de Mosaïc ont été transformées en centre technique et administratif pour l’équipe d’entretien du parc.

La HQE est la dénomination française pour l’architecture écologique. Il ne s’agit pas d’un label mais bien d’une référence. Elle propose une méthode de travail et de conduite de projet. La marque HQE est déposée par l'association du même nom. Des approches similaires existent aux Etats-Unis, au Royaume-Uni (Green building) ou en Allemagne (Ökobau).

« La HQE est une démarche volontaire, fondée sur la responsabilité des acteurs, et en premier lieu du maître d’ouvrage, du commanditaire de l’opération. Elle offre un langage commun (les 14 cibles), décrivant précisément les caractéristiques environnementales d’un bâtiment, et permettant ainsi de s’accorder sur des objectifs partagés par tous les acteurs » (voir www.assohqe.org).

L’ancien bâtiment agricole du parc de la Deûle a été rénové en respectant et en étudiant chacune des 14 cibles de la HQE.

Les 14 cibles du HQE (Haute Qualité Environnementale)

Maîtriser les impacts sur l’environnement extérieur

Eco-construction

1. Relations harmonieuses des bâtiments avec leur environnement immédiat
2. Choix intégré des procédés et produits de construction
3. Chantiers à faibles nuisances

Eco-gestion

4. Gestion de l’énergie
5. Gestion de l’eau
6. Gestion des déchets d’activité
7. Gestion de l’entretien et de la maintenance

Créer un environnement intérieur sain et confortable

Confort

8. Confort hygrothermique
9. Confort acoustique
10. Confort visuel
11. Confort olfactif

Santé

12. Qualité sanitaire des espaces
13. Qualité sanitaire de l’air
14. Qualité sanitaire de l’eau

Plus d’infos : www.assohqe.org


Une ferme d’éducation à l’environnement

La rénovation HQE de la ferme du Mont à Halluin est emblématique. Ce bâtiment carré du début du 20 ème siècle a été réhabilité en espace culturel et de loisirs dont la mission première est l’éducation à l’environnement. Cette réhabilitation se déroule en deux temps : tout d’abord la rénovation de la ferme qui comporte, entre autres, un estaminet flamand, une salle d’exposition et un espace animalier. Dans un second temps est prévue une extension par l’ajout d’une salle de réception pour accueillir mariages, séminaires et colloques qui doivent assurer une viabilité financière au site. La priorité de cette réhabilitation était le respect des 14 cibles HQE. Elle s’est donc centrée sur l’emploi de produits naturels, recyclables et ne générant aucune incidence sur la santé (laine de lin, chaux, etc.). Lors du chantier, la récupération et le réemploi de matériaux ont été favorisés. L’éco-gestion de la ferme permet de diminuer les consommations d’énergies : récupération des eaux de pluie pour l’entretien des animaux, installation d’une ventilation à double flux, double vitrage avec faible émissivité, pose de capteurs solaires, etc.

POUR EN SAVOIR  PLUS

- Site de l’association française de HQE : www.assohqe.org

- Téléchargez la publication « Les écuries du parc de la Deûle – d’anciennes écuries à un centre technique en passant par la HQE » : www.lillemetropole.fr > Cadre de vie > Le développement durable > La haute qualité environnementale > Un exemple de réhabilitation HQE

- Ferme du Mont à Halluin : www.lille-metropole-2015.org/ADU/travaux/enm/fermedumont.pdf

- Site du musée d’Art et d’Industrie de Roubaix : www.french-art.com/musees/roubaix

- Site de la Condition publique : www.laconditionpublique.com




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Auteur(s)

Philippe MERTENS
Dernière modification
06-06-2006
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