Chauffage, piscine et participation transcrivent dans les faits le développement durable à Ottignies

Le 13 juin 2006, un atelier du Forum pour un Développement durable, organisé en collaboration avec l’IBGE, emmenait une délégation bruxelloise en visite d’étude à Ottignies. Au programme, la présentation de la politique générale de développement durable d’Ottignies, la gestion du chauffage de 4 bâtiments communaux, une expérience participative de développement d’un bois et la découverte d’une expérience unique en Belgique : une piscine sans chlore.


Un plan communal de développement durable

Dès 2001, Ottignies se dote d’une déclaration de politique générale mentionnant explicitement le développement durable.

La même année, elle élabore une Charte d’engagement pour un développement durable ouverte aux personnes morales établies sur son territoire. En quelques années, elle fédère 130 partenaires.

Au sein de l’administration, le développement durable est associé au concept de qualité totale car les deux démarches sont similaires (définition d’objectifs, de moyens pour les atteindre et de critères de vérification). Cette association permet de mieux impliquer l’ensemble des services communaux. Enfin, une chef de division chargée du développement durable est désignée. Le chef de division s’intercale entre le Secrétaire communal et les chefs de service. Sans supériorité hiérarchique, son rôle est de coordonner et de stimuler les actions de développement durable au sein des divers services.

Un plan communal de développement durable est conçu à la fin 2004. La rédaction du projet, l’enquête, la consultation publique s’étalent sur l’année 2005 et le projet devrait être adopté fin juin 2006.

Gestion énergétique

A Ottignies, le gros des services communaux se répartit entre 4 bâtiments situés à proximité immédiate les uns des autres : le centre culturel, le CPAS, l’ancienne maison communale datant du 19 e siècle, un nouveau bâtiment construit il y a peu… sans réflexion sur la gestion énergétique.

Une étude de pertinence sur une gestion commune du chauffage de ces bâtiments conduit à 4 solutions : chaudière à condensation, à bois, cogénération au gaz ou enfin à l’huile végétale.

L’analyse de l’investissement net, de la période de retour et de l’économie en CO2 de chacune des ces options a conduit Ottignies à opter pour la cogénération à l’huile végétale (colza). Le cahier des charges sera rédigé sous peu pour une mise en service espérée en septembre 2007. A suivre…

A noter que rien n’est simple en développement durable : si le choix de l’huile de Colza se révèle pertinent pour diminuer la quantité de CO2 rejeté, il induit un effet pervers en poussant les agriculteurs à se convertir dans la plantation de colza… au détriment de l’agriculture biologique (la production de colza ne suit en effet pas une filière biologique).

Une piscine sans chlore

Le centre sportif du Blocry est le plus grand du Benelux. Ce n’est cependant pas son seul mérite. Il se distingue en effet également par ses deux piscines sans chlore. L’alternative utilisée repose sur une technologie utilisant des ions de cuivre pour éliminer les impuretés. L’absence de chlore diminue fortement les problèmes de corrosion, ouvre la piscine aux allergiques au chlore, autorise un aménagement plus original (des plantes vertes). En outre, l’eau usagée rejetée ne contient pas de déchets de chlore et l’air ambiant peut être recyclé.

Le pouvoir bactéricide des ions de cuivre est cependant inférieur à celui du chlore mais il semble qu’en pratique, cela n’ait jamais posé de problèmes.

Par contre, au niveau administratif, des problèmes se sont bel et bien posés puisque la législation relative à la reconnaissance des piscines imposait l’utilisation du chlore. Il aura fallu près de 25 ans au centre sportif pour obtenir un permis définitif d’exploiter.

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Auteur(s)

Philippe DELVAUX
Dernière modification
06-06-2006
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