Témoignage d'Ilse Taildeman pour la commune d'Etterbeek (partenariat avec Aït Baha au Maroc)


1) Qu’est-ce qui a mené votre commune à prendre part au Programme de CIC et quand l’avez-vous rejoint ?


La commune d'Etterbeek a adhéré au programme en 2017. Le programme CIC nous semblait une formidable occasion d’entamer, en tant qu’administration locale, une relation internationale mettant en avant des valeurs telles que justice, durabilité et solidarité. Au sein du service Solidarité internationale, nous visons une politique locale mondiale équitable. Cela signifie que dans la commune, nous voulons être attentifs à ce qui se déroule sur le plan international. Nous voulons tenir compte des défis sociaux qui exercent également une influence au niveau local. Le partenariat avec Aït Baha au Maroc était pour nous une occasion de concrétiser cette politique locale mondiale.

2) Quelle vous semble être la plus-value d’un tel programme ?


Grâce au programme, nous entrons directement en contact avec les responsables politiques et l'administration de notre commune partenaire. Aït Baha est une commune comptant seulement 5 668 habitants, à proximité d’Agadir et de nombreux villages montagnards. Nous avons des échanges à propos des défis auxquelles ils doivent faire face en tant qu’administration : le chômage chez les jeunes, la migration, l’intégration des personnes handicapées dans la société, la qualité de l’enseignement pour les petits enfants. Nous nous inspirons également de leur approche et de leur vision : l’aspect participatif de leur plan d’action, leur intérêt pour l’entrepreneuriat et la gestion de projets et surtout leur implication dans les besoins des habitants de leur ville. Par les valeurs que nous partageons, nous donnons forme chacun à notre manière à la politique. Cela crée un lien solide.

3) Quelles difficultés avez-vous éventuellement rencontrées et comment avez-vous pu y remédier ?


Le défi de ce partenariat consiste à bien comprendre les besoins et à pouvoir proposer une expertise sur mesure. Souvent, les besoins sont grands et les coûts sont à l'avenant. Malheureusement, les moyens que nous pouvons offrir dans le cadre du programme ne sont pas toujours proportionnels. Ainsi, Aït Baha a besoin d’un centre de soins pour les jeunes handicapés. Le programme ne permettant pas de financer un tel centre, nous avons pensé à acquérir un moyen de transport pour conduire les gens vers un centre voisin. Dans un tel moment, il faut se concentrer sur l’objectif. Pour Aït Baha, il est important de pouvoir proposer ces services dans sa propre commune. Grâce au lobbying du bourgmestre local et à la relation avec Etterbeek, nous avons pu convaincre la province et l’administration nationale de libérer des moyens supplémentaires pour construire un tel centre à Aït Baha.

4) Quels bénéfices vos communes respectives (et leurs populations) tirent-elles de cette expérience ?


Pour Aït Baha, les avantages sont directement perceptibles : des formations en gestion de projet et tourisme durable ont été organisées pour les jeunes sans emploi. Des formations ont été organisées pour les enseignants de l'école maternelle et des classes vont être rénovées. Le centre de soins pour personnes handicapées est également en construction.

Pour Etterbeek, les avantages sont moins visibles car nous avons voulu mettre l’accent sur les besoins d’Aït Baha, étant donné que nous sommes seulement à la phase initiale de ce programme. Pour les années à venir, nous réfléchissons à un projet d’échange vers le Maroc pour de jeunes Etterbeekois. Nous voulons également miser sur le partage de bons exemples pratiques que nous remarquons dans notre commune partenaire afin de briser les stéréotypes.

5) Comment vos communes respectives communiquent-elles autour de ce projet ?


A Etterbeek, nous communiquons par le biais du journal communal et du bulletin d'information de notre service. Mes collègues d’Aït Baha sont plus forts en communication. Pour chaque action financée par le programme, de nombreuses photos sont placées sur la page Facebook communale et des bannières sont à chaque fois créées pour communiquer à propos de l’activité.

6) Quels sont les défis à relever à l’avenir dans le cadre de la coopération internationale communale ?


A l'avenir, il nous semble important, au sein d’une telle coopération internationale, de travailler encore davantage à la réciprocité de la relation : souscrire ensemble à une déclaration d’engagement relative aux objectifs de développement durable, établis par les Nations unies, par exemple pour encourager les relations de commerce équitable ou travailler en parallèle à l’ICT et à l’innovation.

Par ailleurs, il nous semble intéressant de jeter davantage de ponts. Etterbeek collabore déjà beaucoup avec d’autres communes bruxelloises actives au Maroc dans le cadre du programme CIC, mais nous pourrions certainement créer des liens plus étroits avec d’autres instances publiques, d’autres associations et la diaspora marocaine à Bruxelles sans perdre la particularité du caractère communal. En effet, c’est précisément à ce niveau local que l’on ressent l’implication des habitants!





Photo d'Ilse Taildeman, Coordinatrice CIC à Etterbeek

                                 

Photo formation des jeunes         

                                                                         

Photo formateur et banner                             


             

Photo officielle


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Auteur(s)

Safiya Boudghene
Dernière modification
27-08-2018
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